Chraz
France - Puy-de-dôme - Cournon-d'auvergne (63800)
Auto-promo de CHRAZ (Caustique Humoriste Rageusement Animateur de Zygomatiques)
Comme vous le savez, depuis que la télé s’est spécialisée dans la transformation des couleurs merdiques en jaune d’or, les rigolos qui mêlent le fond et la forme ne courent plus les écrans. Alors, plutôt que de perdre notre temps à regretter Coluche et Desproges (géniaux, mais qui se feraient virer des médias en cinq minutes s’ils débarquaient aujourd’hui, inconnus), si nous proposions aux enfants putatifs de la télé d’aller voir dans les salles de spectacle s’il n’y aurait pas des fois une vie hors des écrans, et même pourquoi pas des comiques de substitution moins frelatés que ceux du PAF ?
Existe-t-il encore des humoristes qui s’expriment sans démagogie parce qu’ils n’ont pas de comptes à rendre ? Peut on encore ressentir des frissons de plaisir jubilatoires et se marrer comme des baleines (même si je n’ai jamais compris cette expression) sans risquer de choper du cholestérol tellement c’est gras ou un lumbago tellement c’est lourd ? Oui, mais pour ça il faut bouger les fesses de son canapé !
Car aujourd’hui le dernier espace de liberté, c’est la scène.
Pour ma part, même pendant les cinq ans où j’ai sévi sur Inter (« Rien à Cirer » et « Les AJT du JT »), et sur Canal + à « Nulle Part Ailleurs » comme nègre de Bruno Gaccio, je n’ai jamais cessé d’écrire et de jouer sur scène car c’est là qu’est la vraie vie. Et bien que mon public soit un peu moins nombreux que si je pointais mon nez tous les soirs en prime time, au moins il ne s’attend pas à ce que je fasse des grimaces ou que je montre mes fesses, une position que quelques copains plus célèbres m’envient.
Mais oui, on peut faire rire les gens sans les prendre pour des cons en cognant plutôt sur les puissants que sur les enseignants, les fonctionnaires, les coiffeurs pédés et les blondes. C’est moins facile que de raconter des blagues de carambars avec l’accent de Marseille et on gagne cent fois moins de fric, mais d’abord ça esquinte moins les dents, et puis on ne peut pas faire trois cents repas par jour.
Comique, c’est un métier où il faut avoir soit de l’imagination, soit de la mémoire, il y a de tout. Des qui ont quelque chose à dire, d’autres qui disent très bien qu’ils n’ont rien à dire, des gavés pathétiques, de pauvres requins riches qui soignent leur nombril en se payant de quoi se faire croire qu’ils brillent (inutile de donner des prénoms). Moi qui ai pour le moment la chance d’avoir l’angoisse de la page noire, je vous promets que quand je n’aurai plus rien à dire, je la fermerai !
Côté pratique : je suis très abordable mais comme Wally mon ex moitié (rien de sexuel, pub ci jointe), Les Bodin’s et quelques autres, je ne sais pas cacher mes origines ploucs. On dit bonjour en arrivant et au revoir merci en repartant et tant pis pour la mode (on est resté « simple malgré l’anonymat »). Par exemple : moi je préfère manger avant le spectacle, mais si tout le monde mange après je mange après, voire les deux si c’est dans les coutumes. Et si le public n’a pas assez ri, j’accepte d’être privé de dessert, car il faut savoir s’adapter si on veut survivre, demandez aux dinosaures.
Côté éthique : l’observation des maladresses de certains collègues (et aussi des miennes) m’incite à toujours garder comme objectif d’être un humoriste social qui fait un carton plutôt qu’un militant qui se plante en essayant d’être drôle, car s’il est indispensable de glisser un message derrière l’humour à chaque fois qu’on peut, il ne faut jamais négliger le rire au profit du message, sinon on se goure de métier.
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