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CLAIRE DENAMUR + ZAZA FOURNIER - Double concert - 02.12.09 - Théâtre 140
CLAIRE DENAMUR + ZAZA FOURNIER - Double concert - 02.12.09 - Théâtre 140   ©Cédric Rivrain
CLAIRE DENAMUR + ZAZA FOURNIER - Double concert - 02.12.09 - Théâtre 140

CLAIRE DENAMUR + ZAZA FOURNIER - Double concert - 02.12.09 - Théâtre 140

Claire Denamur



« Il y a trop de monde à la Fourmi, allons au bar d’en face ». Au bar d’en face, la jeune fille me parle de l’Argentine, à laquelle est reliée par sa mère. De son père franco-hollandais. De son adolescence en Amérique du Nord. D’un univers musical se nourrissant de ce patchwork de cultures, de Nina Simone, de Fado portugais, de Nat King Cole. Sur son i-pod, elle me fait écouter quelques une des chansons qu’elle a écrites et composées. Il y a déjà « Ah Les Hommes » et « La Mal Aimée ». Des textes dénués d’ironie et de cynisme, sans le second degré qui caractérise souvent l’écriture des artistes de son âge. Des guitare-voix qui sonnent comme des classiques, on oublie la guitare, on ne retient que la voix. Elle me fait une liste des titres de ses chansons sur un bout de papier. Certains en anglais, certains en espagnol, d’autres en français. Il y en a 9, non 8, elle en raye un qu’elle n’aime plus.

Elle me parle de son hésitation à passer à la frange. Elle me parle de Marilyn Monroe, de Cesaria Evora. D’un sms qu’elle n’ose pas envoyer à un garçon. Elle me parle de la vie d’une fille de 23 ans. Et puis, elle prend sa guitare et elle chante. Des débuts de mélodie, des bouts d’idées qu’elle a notés et qu’elle aimerait développer. Elle chante sans aucune timidité, elle se met à nu. Peut-être qu’elle improvise. Sa voix emporte tout. Ses révoltes de jeune fille, ses souvenirs de voyage, ses amourettes qu’elle prend pour des amours. Elle enchaîne sur Black Bird ou sur une chanson de folklore traditionnel argentin, et on a l’impression qu’elle vient de les composer. Toujours cette voix. C’est émouvant de puissance et de fragilité. Entre deux chansons, on parle de ses textes qu’elle veut délibérément non littéraires, simples, « un peu comme si une jeune fille étrangère écrivait en français ». Elle veut qu’ils soient un calque de sa vie, des phrases parfois douces, parfois brutales, chaotiques s’il le faut. Des sentiments jetés, sans fioriture. « Pourquoi ne pas dire les choses comme ça puisque c’est comme ça que je les ai ressenties ». Au fil du temps, une quinzaine de nouvelles chansons naîtront. La grande majorité sera d’elle seule. Pierre-Dominique Burgaud

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