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Cyril Mokaiesh
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Cyril Mokaiesh

Cyril Mokaiesh

Le Forum

Boulevard de l'OiseVauréal (95490)

« Soyez vous-même, les autres sont déjà pris. » Installé quotidiennement dans un café de Ménilmontant pour écrire, Cyril Mokaiesh emprunte avec malice l’aphorisme d’Oscar Wilde pour résumer ses quinze années d’évolution au cœur de la chanson française, sur scène comme en coulisses.

Lancée en 2011 par le retentissant *Communiste*, après une première expérience rock au sein de son quatuor éponyme, cette carrière atypique d’ex-tennisman de haut niveau reconverti en orateur des salles de concert ne ressemble à aucune autre. Passionné et ardent, citoyen impliqué – parfois jusqu’à la colère –, il incarne pourtant une voix de raison. Depuis ses débuts, il dessine la carte d’un monde agité, plié comme un origami autour de causes jugées perdues, cherchant inlassablement les lueurs d’espoir et les motifs d’optimisme.

C’est une phrase percutante de Vincent Lindon, acteur viscéralement engagé, qui ouvre son huitième album, *Regarder passer les trains* : « Je fais de mieux en moins un métier que j’aime de moins en moins. » Simple coup de spleen ? Ou constat clairvoyant, mi-parlé mi-chanté à la manière de Léo Ferré, face aux tourments actuels dominés par les influenceurs, les charlatans et les algorithmes ? Cette piste, teintée d’humour et d’ironie, culmine sur un cri : « Bonne chance pour la suite », qui donne son nom à un disque où la suite infirme brillamment ce sentiment d’impuissance.

Près d’une décennie après *Clôture* (2017), son dernier opus solo, Mokaiesh a multiplié les projets collectifs : un album vibrant aux accents libanais fusionnant électro et traditions (*Paris-Beyrouth*, 2020), un recueil de duos avec les figures majeures de la scène (*Dyade*, 2021), puis un hommage foisonnant à Georges Moustaki (*Le temps de vivre*, 2023). Ce créateur qui plume « pour ne pas finir sec, aigre et pédant » n’a jamais renoncé à sa foi en l’humain et en son art.

Rencontrée aux Francofolies lors d’un de ses ultimes concerts, Anne Sylvestre, intransigeante parmi les chanteuses, a ravivé sa flamme avec « Écrire pour ne pas mourir ». Elle lui a rappelé que « le plus important, c’est le chemin, pas la destination ».