146994 Lecture spectacle - Texte d’Albert Camus (publié en 1956)
Adaptation : Catherine Camus
Mise en scène, en lumière et interprétation : Ivan Morane
Création : 2010 - Durée: 1h30
Fiche technique et dossier de présentation à votre disposition sur simple demande

« Dans La Chute, j’ai utilisé une technique de théâtre (le monologue dramatique et le dialogue implicite) pour décrire un comédien tragique. »
Albert Camus

En cinq journées et soirées, tels les cinq actes d’une pièce de théâtre, Clamence, « le » personnage de La Chute va réussir, petit à petit, à confronter le lecteur – ici le spectateur – à lui-même.
Ne revenons pas sur la motivation conjoncturelle de l’écriture de La Chute : le règlement de compte bien connu avec les existentialistes, ni sur le fait que Clamence est une sorte de « double » de Jean-Paul Sartre. Caricature consciente des existentialistes, puisqu’il se définit lui-même comme « prophète vide pour temps médiocre » ! Et l’on sait que la justice, la vérité, la liberté, ces valeurs tournées en dérision par Clamence, sont essentielles de la pensée et de la morale de Camus.
Intéressons-nous plutôt à la résonnance de ce grand texte dans le monde d’aujourd’hui :
il s’agit avant tout, je crois, d’une interrogation sur la culpabilité de l’homme :
« Sens de mon œuvre : tant d’hommes sont privés de la grâce. Comment vivre sans la grâce ? Il faut bien s’y mettre, et faire ce que le christianisme n’a jamais fait : s’occuper des damnés » (Albert Camus -Carnets II).
En ce sens, Clamence présente une réelle filiation avec les personnages de Dostoïevski : tourmenté, ironique, cynique même, et parfois manipulateur puisque le but de sa confession est aussi (avant tout ?) de répandre chez son auditeur le poison de la culpabilité… Il monte un procès quasi kafkaïen, et y joue tous les rôles : accusé, avocat de la défense, avocat de l’accusation, procureur…
Et grâce au génie de Camus, le tribunal s’élargit à l’échelle du monde, et c’est en cela que le propos de cet ouvrage est si passionnant encore en 2010.
La Chute se déroule aux Pays-Bas, envers climatique et lumineux de la Méditerranée qu’aimait passionnément Camus ; l’éclairage sera donc délibérément et obsessionnellement « froid ».
Le cri des Goélands ponctuera les « actes ». Ce « cri » – titre que voulut donner à un moment Camus à ce récit - ce cri qui peut être celui de la chute de quelqu’un dans la Seine, qui peut aussi être celui de Clamence, car comme l’a fort justement souligné le grand spécialiste de Camus, Jean-Yves Guérin :
« Le rire, dans La Chute, a partie liée au cri. Mais n’est-ce pas tout le discours de Clamence qui peut être entendu comme un cri ? »
Ivan MORANE

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Chargée de diffusion : Camille Poisson
05 63 41 48 03 - compagnie.ivan.morane@orange.fr

 

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Date dernière modification

30/03/2011

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